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« Il n'y a pas de synonymes. Il n'y a que des mots nécessaires, et le bon écrivain les connaît. »
« Le style, c'est le mot qu'il faut. Le reste importe peu. »
« Le mot juste ! Le mot juste ! Quelle économie de papier le jour où une loi obligera les écrivains à ne se servir que du mot juste ! »
« Avoir un style exact, précis, en relief, essentiel, qui réveillerait un mort. »
Tout au long de son Journal, qu'il tint de 1887 à 1910, Jules Renard n'a cessé de s'interroger sur les mots, le rythme, la phrase... Leçons d'écriture et de lecture rassemble toutes ses considérations et ses préoccupations sur le style - le sien, bien sûr, tout comme celui des écrivains de son époque, de Victor Hugo à Verlaine, en passant par Huys­mans, Maupassant, Claudel... Jules Renard dresse ainsi son portrait d'écrivain mû par le doute, celui de ses contemporains, de son siècle, de la littérature de son époque.


L'AUTEUR

Jules Renard (1864-1910), auteur des célèbres Poil de Carotte (1894) et Histoires naturelles (1896), écrivit des pièces de théâtre, dont Le Plaisir de rompre (1897) et Le Pain de ménage (1898), et collabora à divers journaux ou revue, parmi lesquels Le Mercure de France, dont il fut l'un des membres fondateurs, Le Figaro, L'Écho de Paris, L'Humanité. Son Journal, édité pour la première fois quinze ans après sa mort, est le chef-d'œuvre de son auteur, ainsi qu'un ouvrage majeur du dix-neuvième siècle.


Leçons d’écriture et de lecture, de Jules Renard

12 € • Format : 122 x 192 • 144 pages • ISBN : 978-2-916136-19-6


Les Éditions du Sonneur Martine Laval, Lectures buissonnières

Les Éditions du Sonneur ont le bonne idée d'éditer des morceaux choisis — on pourrait dire une compil — du journal de Jules Renard (tenu entre 1887 et 1910, année de sa mort). Quelques-unes de ses pensées douces-amères sur l'écriture, ses lectures. Jules Renard, écrivain fameux (vous savez bien, il a commis un Poil de carotte), mais aussi et surtout grand empêcheur de médire en rond. Le titre : Leçons d'écriture et de lecture. Je n'ai rien à ajouter à cela, tout est annoncé dans ce titre, mais je vous en donne, pour le plaisir, toujours pour le plaisir, des petits bouts, picorés, ici et là. Le régal.
« 1888. Février. Un mot si joli qu'on le voudrait avec des joues pour l'embrasser.
1890. 15 février. On entre dans un livre comme dans un wagon, avec des coups d'œil en arrière, des hésitations, l'ennui de changer de lieu et d'idées. Quel sera le voyage ? Quel sera ce livre ?
1891. 7 mars. Je ne lis rien, de peur de trouver des choses bien.
1893. 7 janvier. Lire toujours plus haut que ce qu'on écrit. » […]
J'arrête. Je me sens capable de tout recopier ici ces Leçons d'écriture et de lecture. Trop facile... Peut-être un autre jour, je persévère — pour le plaisir...

Les Éditions du Sonneur Pierre Assouline, La République des livres

Ce mince recueil de considérations sur le style est le genre de choses que l’on se plaît à garder dans une poche ou au fond de son sac en permanence pour y aller voir à tout instant. Un pour la route ! Jules Renard est de ces rares auteurs dont l’humeur lucide vous réconcilie avec la vie par ses paradoxes ironiques, et la poésie qui nimbe en permanence sa morale littéraire, fut-elle des plus rosses. D’un point de vue comparatiste, Renard diariste, c’est les Goncourt sans la haine, Léautaud sans l’aigreur et tant d’autres grands auteurs de journaux sans leur déballage impudique, ce que sa timidité et sa réserve lui interdisaient. Foin de l’émotion et du sentiment ! Tout pour l’esprit, son masque. Comme si le moindre défaut dans la cuirasse d’ironie pourrait donner prise à l’ennemi. Il craint même les travers de l’exercice d’admiration — sauf pour Hugo, pour lequel il se lâche. Qui en son temps a su exorciser ses angoisses avec autant de bonheur ? Son soliloque avoué et revendiqué est celui d’un écrivain qui écrit pour lui. Il se confie à lui-même. Son Journal est, pour reprendre l’exact jugement d’Henry Bouillier, son éditeur chez Bouquins, « un confident, un registre des humeurs, un camarade de combat, un mémento des hauts et des bas, un miroir fraternel » plutôt qu’une centrale de renseignements. C’est pour cela qu’il n’a pas fini de nous parler.

Les Éditions du Sonneur François Cérésa, Service littéraire

Lisez-le et vous verrez, Renard était génial, goupil et teigneux aux entournures, méchant comme un cent de clous, encore pire que Léautaud. […] Ce petit livre édité par la judicieuse Valérie Millet, soulignant qu’il « ne suffit pas d’être heureux, mais qu’il faut encore que les autres ne le soient pas », nous fait comprendre que la mauvaise foi, en littérature, c’est parfois plus bonnet blanc que blanc bonnet. Vous pigez ? Non ? Tant pis. Un peu d'art, que diable ! Renard l’a écrit : « Lamartine rêve cinq minutes et écrit une heure. L’art, c’est le contraire. » Vous pigez à présent ?
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